Campagne Nationale pour la DeuxiĂšme RĂ©publique (CNDR)

30 mai 2013

31-10-2004_FlagDĂšs le lendemain de l’IndĂ©pendance s’est mis en place un rĂ©gime autoritaire, fondĂ© sur une prĂ©tendue lĂ©gitimitĂ© historique. En dĂ©pit d’amĂ©nagements accessoires, imposĂ©s par les circonstances, ce rĂ©gime est demeurĂ© fondamentalement le mĂȘme jusqu’à nos jours. Le discours nationaliste et populiste, le recours abusif Ă  l’Islam comme ressource politique, ont Ă©tĂ© les moyens utilisĂ©s pour pallier l’absence de lĂ©gitimité  dĂ©mocratique. Les institutions ont toujours Ă©tĂ© des coquilles vides et les diverses moutures de la Constitution n’ont Ă©tĂ© qu’un cadre juridique factice, le pouvoir rĂ©el Ă©tant, pour une large part, ailleurs que dans les institutions formelles. Les Ă©lections, rĂ©guliĂšrement entachĂ©es de fraude, n’ont jamais eu d’autre but que de prĂ©server le statu quo. La manne pĂ©troliĂšre, considĂ©rable, a surtout servi Ă  structurer l’économie de rente et ses rĂ©seaux de prĂ©dation. L’école est sinistrĂ©e. La population souffre de l’absence de logements, du chĂŽmage, de la prĂ©caritĂ© et de la dĂ©liquescence des services publics. Tel est, en rĂ©sumĂ©, le bilan de la RĂ©publique algĂ©rienne dĂ©mocratique et populaire. Dans les faits, elle n’a Ă©tĂ© ni dĂ©mocratique, ni populaire et a tournĂ© le dos aux valeurs rĂ©publicaines de libertĂ©, d’égalitĂ© et de solidaritĂ©.

Aujourd’hui, l’AlgĂ©rie est dans une impasse quasi-totale et se trouve Ă  un tournant historique. Les dirigeants issus de la guerre de libĂ©ration sont tous trĂšs ĂągĂ©s. Le dĂ©ficit budgĂ©taire est tel qu’il n’y aura plus, Ă  l’avenir, de possibilitĂ© d’acheter la paix sociale avec l’argent du pĂ©trole. Les problĂšmes sociaux rĂ©currents qui frappent durement la majoritĂ© de la population tournent constamment Ă  l’émeute, en l’absence d’une reprĂ©sentation politique crĂ©dible. De plus, l’AlgĂ©rie est loin d’ĂȘtre Ă  l’abri de ce qui a Ă©tĂ© qualifiĂ© de « printemps arabe » et des menaces rĂ©elles planent sur la souverainetĂ© nationale. Autant dire que le statu quo consistant en une perpĂ©tuation du systĂšme en place n’est plus tenable.

Mais notre pays ne pourra s’en sortir qu’au prix d’une rĂ©vision dĂ©chirante. Une refondation totale des institutions et de la pratique politique est nĂ©cessaire. Il faut une large ouverture politique et mĂ©diatique, d’inspiration libĂ©rale, destinĂ©e Ă  Ă©tablir l’Etat de droit, l’égalitĂ© entre tous les citoyens, hommes et femmes, et le respect des droits de la personne humaine. La dĂ©centralisation, la sĂ©paration et l’équilibre des pouvoirs doivent ĂȘtre consacrĂ©s. Il faut Ă©galement bĂątir une vraie Ă©conomie productive, seule Ă  mĂȘme de crĂ©er des richesses, mais dans le respect des droits sociaux et avec la garantie de services publics efficaces et accessibles. Enfin, il faudra revoir de fond en comble le systĂšme Ă©ducatif pour le soustraire Ă  l’idĂ©ologie et jeter les bases d’une Ă©cole rĂ©publicaine et citoyenne. Bien d’autres chantiers devront ĂȘtre ouverts. Cette refondation aboutira Ă  terme Ă  la naissance de la IIĂšme rĂ©publique algĂ©rienne.

Une pĂ©riode de transition de deux ou trois ans, avec un moratoire sur les Ă©lections, est nĂ©cessaire afin de jeter les bases du nouveau rĂ©gime. Ce dĂ©lai doit permettre aux forces politiques et sociales reprĂ©sentatives de s’organiser, une fois l’ouverture politique et mĂ©diatique acquise, avant d’affronter le suffrage universel.

Si quelques personnalitĂ©s issues du systĂšme ont exprimĂ© une volontĂ© d’ouverture, il n’en demeure pas moins que les partisans de la fermeture, au nom d’un patriotisme Ă  courte vue, sont encore largement majoritaires, ne mesurant pas les risques qu’ils font courir au pays. Tous les citoyens et citoyennes, sans exclusive, sont donc appelĂ©s Ă  se mobiliser pacifiquement pour le changement, car tout droit ne se conquiert qu’au prix de luttes rĂ©solues. Dans ce but, une campagne nationale pour la deuxiĂšme rĂ©publique (CNDR) est lancĂ©e. Tous ceux et celles qui se sentent concernĂ©s par ce noble objectif sont invitĂ©s Ă  y participer.

2 Responses to Campagne Nationale pour la DeuxiĂšme RĂ©publique (CNDR)

  1. DABOUZ Salah on 30 mai 2013 at 21 h 20 min

    C’est trĂšs difficile Ă  faire, mais ça reste possible, toute fois nous pouvons rencontrer quelques difficultĂ©s :
    Comment gérer la période de transition, et quel projet peut nous réunir ?
    Que faire de l’islam politique qui bĂ©nĂ©ficie d’une grande toile d’infrastructures religieuses, et d’une manne financiĂšre immense en plus du discoure qui encourage le gens Ă  ne pas rĂ©flĂ©chir, mais Ă  obĂ©ir aux ordres mĂȘme si c’est la mort qui en rĂ©sultera.
    Le problÚme du leader chipe que ce soit individuel ou collectif, « voir clanique » peut aussi posé de grosses difficultés.
    Ce sont mes inquiĂ©tudes, mais je suis Ă  100% pour l’initiative.

  2. madi on 3 juin 2013 at 19 h 39 min

    Oui je suis pour le changement on a mare des vieux mĂ©diocres qu’on voit chaque annĂ©e chaque Ă©lections toujours les mĂȘmes Ă  gouverner baraket Abdelslem je voterai volontiers pour vous car je sais qui vous ĂȘtes et de quoi vous ĂȘtes capable je ne comprends pas bien Ă  la politique mais je sais qu’il faut changer des choses

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"Le courage, c'est de chercher la vérité et de la dire, c'est de ne pas subir la loi du mensonge triomphant qui passe et de ne pas faire écho aux applaudissements imbéciles et aux huées fanatiques".
Jean JaurĂšs

"Quelle que soit la cause que l'on dĂ©fend, elle restera toujours dĂ©shonorĂ©e par le massacre aveugle d'une foule innocente oĂč le tueur sait d'avance qu'il atteindra la femme et l'enfant". Albert Camus.

‎"C'est en gardant le silence, alors qu'ils devraient protester, que les hommes deviennent des lñches." Abraham Lincoln

"La liberté appartient à ceux qui l'ont conquise." André Malraux

RepĂšres

« Ce voleur qui, dans la nuit, rase les murs pour rentrer chez lui, c'est lui. Ce pĂšre qui recommande Ă  ses enfants de ne pas dire dehors le mĂ©chant mĂ©tier qu'il fait, c'est lui. Ce mauvais citoyen qui traĂźne au palais de justice, attendant de passer devant les juges, c'est lui. Cet individu, pris dans une rafle de quartier et qu'un coup de crosse propulse au fond du camion, c'est lui. C'est lui qui, le matin, quitte sa maison sans ĂȘtre sĂ»r d'arriver Ă  son travail et lui qui quitte, le soir, son travail sans ĂȘtre sĂ»r d'arriver Ă  sa maison. Ce vagabond qui ne sait plus chez qui passer la nuit, c'est lui.
C'est lui qu'on menace dans les secrets d'un cabinet officiel,le témoin qui doit ravaler ce qu'il sait, ce citoyen nu et désemparé... Cet homme qui fait le voeu de ne pas mourir égorgé, c'est lui. C'est lui qui ne sait rien faire de ses mains, rien d'autres que ses petits écrits. Lui qui espÚre contre tout parce que, n'est-ce pas, les rosés poussent bien sur les tas de fumier. Lui qui est tout cela et qui est seulement journaliste. » (Saïd Mekbel)

Le nationalisme, vu par Alain Touraine

"Le nationalisme est un projet purement politique et qui cherche Ă  "inventer" une nation en donnant Ă  un Etat des pouvoirs non contrĂŽlĂ©s pour faire Ă©merger une nation et mĂȘme une sociĂ©tĂ©. Quand il est dĂ©vorĂ© par le nationalisme, l'Etat national cesse d'ĂȘtre une composante de la sociĂ©tĂ© et celle-ci risque d'ĂȘtre dĂ©truite. Le nationalisme est trĂšs Ă©loignĂ© de la modernitĂ©, et il est doublement dangereux pour la dĂ©mocratie." Alain Touraine, Un nouveau paradigme, Fayard, 2005