La phrase que Camus n’a jamais dite.

14 janvier 2012

« Lors d’une rencontre avec des Ă©tudiants suĂ©dois, un Ă©tudiant arabe lui reproche, Ă  lui le natif d’AlgĂ©rie, son silence sur ce qui s’y dĂ©roule. Camus, en vĂ©ritĂ©, s’est beaucoup exprimĂ©. (…). A l’étudiant, il rĂ©pond : «En ce moment, on lance des bombes dans les tramways d’Alger. Ma mĂšre peut se trouver dans un de ces tramways. Si c’est cela la justice, je prĂ©fĂšre ma mĂšre.» Dans le compte rendu du Monde, cette phrase devient : «Je crois Ă  la Justice, mais je dĂ©fendrai ma mĂšre avant la Justice.» Puis la rumeur en fait ce qu’on n’a plus jamais cessĂ© d’entendre : «Entre la justice et ma mĂšre, je choisis ma mĂšre.» Belle histoire de tĂ©lĂ©phone arabe Ă  propos d’une phrase jamais dite, et dont la signification est tout autre : Camus n’opposait pas la justice Ă  sa terre natale, mais dĂ©nonçait, en situation, le terrorisme. » (Philippe Lançon).

One Response to La phrase que Camus n’a jamais dite.

  1. Mohand on 4 septembre 2013 at 14 h 40 min

    S’il ne l’a jamais dite, cette phrase, pourtant, ne dĂ©note pas avec la tonalitĂ© gĂ©nĂ©rale de son oeuvre. Camus aura toujours prĂ©fĂ©rĂ© sa mĂšre (La France y compris dans son ordre colonial) Ă  la justice (l’humanisme dans ce qu’il a d’Ă©mancipateur). je sais qu’il a travaillĂ© Ă  Alger-rĂ©publicain, tout comme je sais que le PC d’AlgĂ©rie comptait une forte section Ă  Sidi BelabĂšs….

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Citations

"Le courage, c'est de chercher la vérité et de la dire, c'est de ne pas subir la loi du mensonge triomphant qui passe et de ne pas faire écho aux applaudissements imbéciles et aux huées fanatiques".
Jean JaurĂšs

"Quelle que soit la cause que l'on dĂ©fend, elle restera toujours dĂ©shonorĂ©e par le massacre aveugle d'une foule innocente oĂč le tueur sait d'avance qu'il atteindra la femme et l'enfant". Albert Camus.

‎"C'est en gardant le silence, alors qu'ils devraient protester, que les hommes deviennent des lñches." Abraham Lincoln

"La liberté appartient à ceux qui l'ont conquise." André Malraux

RepĂšres

« Ce voleur qui, dans la nuit, rase les murs pour rentrer chez lui, c'est lui. Ce pĂšre qui recommande Ă  ses enfants de ne pas dire dehors le mĂ©chant mĂ©tier qu'il fait, c'est lui. Ce mauvais citoyen qui traĂźne au palais de justice, attendant de passer devant les juges, c'est lui. Cet individu, pris dans une rafle de quartier et qu'un coup de crosse propulse au fond du camion, c'est lui. C'est lui qui, le matin, quitte sa maison sans ĂȘtre sĂ»r d'arriver Ă  son travail et lui qui quitte, le soir, son travail sans ĂȘtre sĂ»r d'arriver Ă  sa maison. Ce vagabond qui ne sait plus chez qui passer la nuit, c'est lui.
C'est lui qu'on menace dans les secrets d'un cabinet officiel,le témoin qui doit ravaler ce qu'il sait, ce citoyen nu et désemparé... Cet homme qui fait le voeu de ne pas mourir égorgé, c'est lui. C'est lui qui ne sait rien faire de ses mains, rien d'autres que ses petits écrits. Lui qui espÚre contre tout parce que, n'est-ce pas, les rosés poussent bien sur les tas de fumier. Lui qui est tout cela et qui est seulement journaliste. » (Saïd Mekbel)

Le nationalisme, vu par Alain Touraine

"Le nationalisme est un projet purement politique et qui cherche Ă  "inventer" une nation en donnant Ă  un Etat des pouvoirs non contrĂŽlĂ©s pour faire Ă©merger une nation et mĂȘme une sociĂ©tĂ©. Quand il est dĂ©vorĂ© par le nationalisme, l'Etat national cesse d'ĂȘtre une composante de la sociĂ©tĂ© et celle-ci risque d'ĂȘtre dĂ©truite. Le nationalisme est trĂšs Ă©loignĂ© de la modernitĂ©, et il est doublement dangereux pour la dĂ©mocratie." Alain Touraine, Un nouveau paradigme, Fayard, 2005