Neuf ans d’arbitraire et c’est loin d’être fini !

6 janvier 2012

Durant l’année 2002, avec quelques amis,  nous avons créé un parti politique dénommé Essabil (Itinéraire Démocratique et Social ou IDS). L’assemblée générale des membres fondateurs s’est  tenue à Alger le 12 décembre 2002. La création du parti a été annoncée le lendemain et une Déclaration de principes a été rendue publique à cette occasion. Le dossier officiel de constitution du parti a été déposé au ministère de l’Intérieur, le 20 janvier 2003. Mais aucun récépissé de dépôt ne nous a été délivré, au mépris de la loi et des dispositions réglementaires. En dépit de la non-délivrance du récépissé de dépôt, nous avons malgré tout entrepris une campagne d’adhésions à travers le pays et nous étions prêts à tenir le congrès dans les délais. Toutes les conditions ayant été remplies, le congrès constitutif du parti a été programmé pour le mois de mars 2004. Mais, face à ce qu’il faut bien appeler un gel  illégal et anticonstitutionnel de l’agrément des partis, le congrès n’a pas pu se tenir.

Il se trouve que, depuis quelques jours, certains membres fondateurs ont reçu la visite de la police dans le cadre des enquêtes habituelles pour la constitution d’un parti politique. Après neuf années d’hibernation, l’administration a donc commencé à instruire  les dossiers. Pourtant, la nouvelle loi organique sur les partis n’est pas encore promulguée et donc c’est bien en application de la loi actuelle qui, rappelons le, fixe un délai de 60 jours, que le ministère de l’Intérieur instruit les dossiers. Il y a autant d’arbitraire à jeter aux oubliettes des dossiers au moment où il fallait les examiner qu’à se réveiller soudain, neuf ans plus tard, pour vérifier leur conformité à une loi qu’on a bafouée pendant tout ce temps. Il faut espérer maintenant que les membres fondateurs sont toujours en vie et résident toujours à l’adresse indiquée lors du dépôt des dossiers le 20 janvier 2003.

Si le récépissé est finalement délivré, il faudrait encore tenir un congrès et obtenir l’agrément avant de pouvoir, éventuellement, déposer les listes de candidats aux prochaines législatives et ce dans un délai de trois mois !

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"Le courage, c'est de chercher la vérité et de la dire, c'est de ne pas subir la loi du mensonge triomphant qui passe et de ne pas faire écho aux applaudissements imbéciles et aux huées fanatiques".
Jean Jaurès

"Quelle que soit la cause que l'on défend, elle restera toujours déshonorée par le massacre aveugle d'une foule innocente où le tueur sait d'avance qu'il atteindra la femme et l'enfant". Albert Camus.

‎"C'est en gardant le silence, alors qu'ils devraient protester, que les hommes deviennent des lâches." Abraham Lincoln

"La liberté appartient à ceux qui l'ont conquise." André Malraux

Repères

« Ce voleur qui, dans la nuit, rase les murs pour rentrer chez lui, c'est lui. Ce père qui recommande à ses enfants de ne pas dire dehors le méchant métier qu'il fait, c'est lui. Ce mauvais citoyen qui traîne au palais de justice, attendant de passer devant les juges, c'est lui. Cet individu, pris dans une rafle de quartier et qu'un coup de crosse propulse au fond du camion, c'est lui. C'est lui qui, le matin, quitte sa maison sans être sûr d'arriver à son travail et lui qui quitte, le soir, son travail sans être sûr d'arriver à sa maison. Ce vagabond qui ne sait plus chez qui passer la nuit, c'est lui.
C'est lui qu'on menace dans les secrets d'un cabinet officiel,le témoin qui doit ravaler ce qu'il sait, ce citoyen nu et désemparé... Cet homme qui fait le voeu de ne pas mourir égorgé, c'est lui. C'est lui qui ne sait rien faire de ses mains, rien d'autres que ses petits écrits. Lui qui espère contre tout parce que, n'est-ce pas, les rosés poussent bien sur les tas de fumier. Lui qui est tout cela et qui est seulement journaliste. » (Saïd Mekbel)

Le nationalisme, vu par Alain Touraine

"Le nationalisme est un projet purement politique et qui cherche à "inventer" une nation en donnant à un Etat des pouvoirs non contrôlés pour faire émerger une nation et même une société. Quand il est dévoré par le nationalisme, l'Etat national cesse d'être une composante de la société et celle-ci risque d'être détruite. Le nationalisme est très éloigné de la modernité, et il est doublement dangereux pour la démocratie." Alain Touraine, Un nouveau paradigme, Fayard, 2005